WANTED: Mode d'emploi de la Vie. Etats d'âme sensibles et cyniques pour rigoler un peu et réfléchir beaucoup. Avertissement: La Maison ne sert pas de jus de Goyave. Merci.
Je ne comprends toujours pas comment après tant de retards accumulés, j’arrive encore à me persuader qu’en partant de chez moi 5 minutes avant l’heure de mon rendez-vous, j’arriverais à temps à l’autre bout de Paris. Me voilà dans le métro, le cœur battant, déjà transpirante et le cheveu collé au front, en retard à la Première de mon Homme. Et sans cigarettes, eh merde... Ah, mais de toute façon on ne fume pas au théâtre... Ah et j’ai oublié de tirer du cash... Et merde, je déteste être en retard...
Je descends à la (bonne) station, et bouscule au passage tous ces abrutis de touristes qui semblent avoir la vie devant eux, dégomme une ou deux épaules en pestant des grossièretés, et me fraye un chemin vers la sortie. Je galope dans tous les sens… le théâtre n’est pas loin, mais si je cours jusqu’à la foule amassé au loin, est-ce que je suis certaine qu’il s’agit du bon endroit ? Si ça n’est pas le cas, je serais définitivement privée de séance.
Je suis arrivée à bon port. Devant le théâtre deux amis piétinent dans l’air glacial. Ils ont récupéré un programme
Le spectacle débute.
…
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Je n’ai pas été très sensible à la première partie.
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Puis mon homme arrive sur scène. Plaqué au sol par une espèce de bombasse (mal) déguisée en terroriste (Je dis « mal », parce qu’elle etait à peu près aussi terroriste qu’une biche dans un tableau flouté). La scène est violente, j’entends le souffle saccadé de mon jeune premier. L’émotion est forte, il quitte déjà la scène, et je ne suis pas rassasiée !
Vient ensuite un autre tableau ; celui de deux femmes qui attendent un homme. L’une d’elle porte une robe qui ne laisse aucune place à l’imagination, et se jette par terre en hurlant d’un plaisir anticipé. « Prends-moi » et autres délicatesses fusent de sa bouche tandis qu’elle se frotte le corps, et je ravale un flot de pensées amères qui me viennent quand à "la profession", et aux longues heures de répétition qu’elle nécessite. J’imagine d’ici les plaisanteries et les œillades lors de leurs éprouvantes journées de « travail ».
Revoilà mon Homme, dans un rôle différent cette fois. Drôle. Très drôle. Un rôle bien travaillé, un personnage bien incarné, un humour vif et affuté. Des répliques justes qui font mouche… En l’espace de quelques minutes, l’intérêt du publique rebondit sur ses boutades et la conquête de l’opinion général ne fait aucun doute. Moi je l’admire avec ferveur (et avec un brin de légèreté dans mes éclats de rire qui amuse mes voisins…)
The show must go off. Nous sommes nombreux à l’attendre à la sortie.
Mon Homme… j’étais déjà toute à lui. Mais lui, ce soir, il n’est plus tout à fait à moi.