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WANTED: Mode d'emploi de la Vie. Etats d'âme sensibles et cyniques pour rigoler un peu et réfléchir beaucoup. Avertissement: La Maison ne sert pas de jus de Goyave. Merci.

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Tic Tac Tic Tac

 

     Voilà un an et demi que je consacre mes journées au recrutement. Je ne change pas la face du monde, et je n’aide pas les plus démunis, même s’il m’arrive de bousculer la vie de certaines personnes, d’en encourager d’autres à déménager, et globalement, d’améliorer le train de vie de quelques familles en leur proposant de belles opportunités professionnelles. Merveilleux. Je ne vous raconte pas l’épanouissement personnel que ça me procure. Et j’aurais tant à en dire que je n’ai as partagé avec vous par manque de temps ! Le monde professionnel est ingrat, certes. Mais la fonction que j’ai occupée tout ce temps n’a été qu’une somme d’ingratitudes.

       Il y a donc un an et demi, mue par une vraie bonne volonté, j’ai intégré mon premier cabinet en tant que stagiaire – expérience que j’ai plutôt bien détaillée ici même –, qui s’est avéré être une torture quotidienne. Après avoir subit les quatre volontés de ma salope de maitresse de stage (qui n’avait de passion que pour son minois trop fardé, et éructait tantôt des ordres mal-à-propos, tantôt des idioties sidérantes) pendant près de 6 mois, j’ai tout de même pensé à offrir le champagne. Mais le champagne n’a pas du inciter ceux que j’avais aidé la moitié de l’année, à dégainer leurs portefeuilles pour faire un petit geste (un bouquin, un CD, un taille crayon Mickey…) qui veut juste dire « merci ». Que nénni. Bilan : -1 point de vision à chaque œil pour avoir travaillé sur un écran défectueux, -15 euros pour le champagne, - 6 mois de ma vie (mais je n’en étais pas encore là dans mes réflexions, à l’époque)

      Deuxième essai dans ce grand bazar international où j’ai été si fière de rentrer, mais  beaucoup moins d’en sortir 6 mois plus tard, virée 10 jours avant la fin de ma période d’essai. Bilan : - mon amour propre, - 6 mois de ma vie.

      Même topo dans ce petit cabinet franco-français, la fierté d’y entrer en moins. Sauf que…

      … Certes, ils avaient décidé de ne pas me garder, mais parce que je le vaux bien. Et c’est moi la prem’s à avoir dit « STOP ». Ca change (presque) tout.

      J’aurais pu écourter mon calvaire il y a plus d’un an, lorsque mon corps entier me hurlait de me tirer et que j’ai cru avoir alors puisé en moi du bon sens et de la raison. Mais la lutte a été acharnée depuis, et quasi incessante. Jusqu’au moment où ça a été trop, et que j’ai perdu les rênes. La décision était prise, et il n’y a pas eu de remous, j’ai appelé ma chef pour dire que c’était terminé. C’est un grand tournant dans ma vie, un geste symbolique.

      Il n’a fallut qu’une demi journée pour que le Directeur de l’agence vienne saccager mes plantations avec ses gros sabots, en laissant échapper que de toute façon, ils « ne me gardaient pas ». Ca n’était pas nécessaire, non, vraiment, n’en jetez plus… et ça a un peu entamé l’héroïsme de mon geste, mais au final, ça m’empêche de regretter mon choix. It was meant to be.

     

 

J’effectue donc consciencieusement mes 5 semaines de préavis. Plus que 4 et je suis chômeuse libre ! Et pour la petite anecdote, la Direction vient de nous envoyer un brin de muguet pour… la Fête du Travail. Eh oui.

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