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WANTED: Mode d'emploi de la Vie. Etats d'âme sensibles et cyniques pour rigoler un peu et réfléchir beaucoup. Avertissement: La Maison ne sert pas de jus de Goyave. Merci.

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Self-control

Assez tergiversé avec des petites vidéos en tout genre, nous n’avons pas que ça à faire. Revenons donc au cœur de l’action avec les épisodes fracassants de ma vie au bureau – cette jungle… Comme vous pouvez le lire en tête de cet article, nous sommes le … lundi 12 février (merci à ceux qui suivent), c’est exact, et il se trouve que mon mois de janvier ne m’a pas encore été réglé. Loin, très loin des mouvements syndicalistes tous azimuts, je n’avais pas encore songé à réclamer mon dû. Ne soyons pas tout à fait hypocrite, la première raison à cet état de fait, c’est que je me sens beaucoup trop coupable de ne rien faire, pour me targuer de quelque revendication. Pourtant, le temps achevant son œuvre, le principe selon lequel indemniser les stagiaires est quelque chose qui se fait, est remonté aux boyaux de la tête de Pulcci – qui gère la crise.
 
C’est de bon matin qu’elle s’est donc rendue dans mon bureau armée de son plus hypocrite sourire pour m’interroger : « Ooooh !!! Tu n’as pas encore été payé pour le mois dernier ?! Si ?! ». Une succincte analyse de contenu orientera très certainement le lecteur dans son appréciation de l’honnêteté de la question.
 
Pulcci s’enfuit donc quémander mon chèque dans le bureau du Boss. En repassant discrètement à peu près dix fois et demie devant mon bureau les mains vides. C’est seulement moult heures plus tard qu’elle réapparait officiellement dans l’encadrement de la porte, mon rectangle de papier sacré entre les doigts, accompagné d’un morceau déchiré de vieille feuille usagée sur lequel figure une espèce de décompte obscure. Elle m’explique. Sept et deux quatre et trois neuf… Le montant du mois dernier est amputé d’une somme intéressante. Le compte est-il juste ? Je jette un œil désespéré à ces formules mathématiques inaccessibles à ma conscience, tandis que Pulcci tape du pied d’impatience. Je valide mes 17 jours de travail mensuel du mois de janvier… Mais comme j’ai l’air complètement ahurie, elle reprend – tout de même presque gênée – « Il y a eu ton angine, puis le jour férié, et aussi… tiens, ton enterrement. »
Aux dernières nouvelles, je ne suis pas morte. Il faudra que je songe à me faire ausculter où à interroger mon entourage afin de vérifier. En attendant, je présume qu’elle parle de l’enterrement de mon cousin. Qui date du mois d’octobre.
Outre l’indélicatesse de la question (on dirait qu’il s’agit de ma dernière coupe de cheveux), outre la maladresse de la formule, outre la flagrante inattention que cela trahit… je comprends que les gentilshommes qui m’emploient exploitent m’ont retiré (je fais le calcul)> 15 euros pour être allée à l’enterrement de mon cousin il y a 3 mois et demi.
J’encaisse. Je suis plus forte qu’eux.
 
Cet après-midi, je m’en vais me faire un café dans l’arrière cuisine des bureaux. Je suis à peu près détendue, et depuis que je me suis offert mon pot de café perso, les regards accusateurs ne sont plus braqués sur moi lorsque je rentre de ma pause. Ca aide.
Voici qu’au détour d’un sillon du couloir, je tombe nez à nez avec Pulcci en grand conciliabule avec Emilie. Elle m’exhibe son élégante dentition de carnassière, et m’inflige un « Je croyais que c’était le Boss… oui, tu sais, tu as le pas très lourd, alors TAC TAC TAC, chaque fois je crois que c’est lui… ! » Oui, oui, je sais. Elle me le répète environ… tous les jours. C’est si élégant de sa part de me tenir informée !
 
Enfin, il y a quelques minutes, elle m’alpage entre ici et là, et me demande : « Tu as encore des choses à faire ? » Je lui explique dans le quasi-détail, tout ce que j’ai à faire (N.B.: ça n’est pas parce que je ne fais rien que je n’ai rien à faire). Elle hoche la tête, satisfaite de sa petite intervention autoritaire. Je la retrouve quelques minutes plus tard en train de faire son tour de piste dans les bureaux – plus maquillée que jamais depuis qu’elle a forcé un pauvre type paumé à la demander en mariage – et à demander à tout le monde si ils n’ont pas un truc à me faire faire. Un truc, n’importe quoi, je ne sais pas moi, vider les poubelles ou trier des vieux dossiers poussiéreux, car je présume qu’il est hors de question de sous-payer une stagiaire à ne rien faire !
 
           Et comme on ne l’arrête pas – car elle prend du Ginseng (prononcer « jain-ssan ») à dose mortelle (pour les autres) – elle est encore là dix minutes plus tard, plantée l’air arrogant devant la Pointure (une des consultante : une killeuse du recrutement), et s’exclame avec son superbe accent : « Oh la vaaache ! La minijupe à la Pointure, elle est vraiment mini-mini ! »
Regard désinvolte de la Pointure suivi de réponse placide : « Mmm.»
 
           On voit qu’ici certains ont l’habitude.
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P
mmm, imagine-toi lui mettre un grand coup de pied dans le derrière à ta carnassière, pour lui montrer si tu as le pied  lourd...huhuhu<br /> mais je compatis, je compatis grandement!
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L
Au choix, je peux lui mettre dans les dents ?!! (Oh lala, tout ça n'est pas très bon pour mon karma.... par contre, pour mon moral, c'est autre chose....!)
E
Evidemment je compatis, mais en même temps elle me font rire tes histoires de stage !!
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L
Merci (Sniiiifffff...) Eh oui, je sais, si ça arrivait à quelqu'un d'autre, moi aussi ça m'amuserait !!!
C
Est on tous capable de s'y faire?
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L
Haaaan... ça me soulage ce que tu dis... parce que j'ai parfois l'impression que c'est partout pareil... je ne devrais peut être pas rester là... enfin, plus que deux mois à tirer !!
A
Je comprends maintenant mieux l'exploitation des stagiaires .. Mon copain m'en a beaucoup parlé (expérience malheureusement) et je ne l'ai qu'à moitié cru .. Mais avec ton article, je vois je vois =(J'aimerais te dire "ouai fais leur des coups foireux" mais à quoi ça servirait puisque de toute façon, ça retombe toujours sur les mêmes .. Juste bon courage et tiens le coup =)
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L
Et réagir, finalement, ça serait me mettre à ce niveau, alors pas question. A une époque, je l'aurais fait : j'étais hotesse d'accueil en parallèle à mes études, avec des demoiselles qui n'avaient malheureusement que ce job pour perspective... 15 nanas ensembles, c'est un vrai massacre ! Bah au bout de 6 mois, j'étais aussi primaires qu'elles !!!!  :o)